Le Nord face au changement climatique – propositions du groupe écologiste

Suite à la publication du rapport « Département du Nord: les enjeux du changement climatique » de l’Observatoire énergie-climat Hauts-de-France présentant notamment les actions engagées par le Département du Nord dans le cadre de sa stratégie Nord durable (voir notre article dédié), le groupe écologiste détaille une série de mesures pour renforcer l’ambition climatique du Département afin d’apporter une réponse à la hauteur des enjeux.

Depuis le début du mandat, le groupe écologiste au Département du Nord présente des propositions constructives pour renforcer l’ambition climatique du Département. Nous avons ainsi été à l’initiative de deux motions cosignées par les groupes socialiste et communiste :

Dans le cadre des travaux du COPIL Nord Durable, nous avons également formulé des propositions, entre autres à travers :

Notre groupe dénonce chaque année dans le cadre du rapport Développement durable présenté lors de la séance du Débat d’Orientation Budgétaire que le Département s’éloigne toujours plus de son propre objectif de neutralité carbone en 2040, avec +31,5% d’émissions brutes par rapport à cette trajectoire en 2025. Le rapport « Département du Nord: les enjeux du changement climatique » appelle le Département à mettre en place un plan de transition bas carbone ambitieux permettant d’atteindre cette neutralité carbone. Le groupe écologiste soutiendra activement cette ambition.

Dans cette optique, voici une liste (non exhaustive) des propositions portées par le groupe écologiste depuis le début du mandat pour atteindre la neutralité carbone, en repartant des principaux secteurs d’activités émetteurs de gaz à effet de serre :

  • Industrie (52% des émissions de GES du territoire) :
    La politique industrielle ne relève pas des compétences du conseil départemental. Toutefois, le groupe écologiste a cosigné une motion relative à la nationalisation d’Arcelor Mittal en octobre 2025 appellant notamment à la relance immédiate du projet de décarbonation de la filière sidérurgique, au conditionnement des aides publiques à des engagements concrets en terme d’emploi et de transition écologique, et à la mise en œuvre au niveau européen d’un véritable protectionnisme vert et solidaire pour assurer une bifurcation vers un modèle écologique et social exigeant.
  • Transports (23% des émissions de GES du territoire, seul secteur dont les émissions sont en hausse) :
    Le groupe écologiste propose un moratoire sur les nouveaux projets routiers du Département du Nord et a publié plusieurs contributions à des enquêtes publiques concernant par exemple le contournement de Maubeuge, le doublement de la RD500 ou la mise à 2×2 voies d’une partie de la RD642. Nous appelons à redéployer les financements prévus pour ces projets routiers pour sécuriser la voirie existante, renforcer la politique cyclable du département, et favoriser des aménagements participant à l’adaptation au changement climatique.
    Dans le cadre d’une contribution au rapport de la Mission d’Information et d’Evaluation sur l’Allocation Personnalisée d’Autonomie, le groupe écologiste a proposé dès septembre 2022 la mise à disposition de véhicules électriques pour les professionnel·les de l’aide à domicile.
  • Bâtiment (16% des émissions de GES du territoire) :
    Le groupe écologiste appelle régulièrement le Département du Nord à renforcer la rénovation thermique des collèges et autres bâtiments départementaux mais aussi la végétalisation des cours de collèges et à mettre en place des plans de sobriété. Nous appelons également le Département à soutenir la rénovation des logements sociaux, à commencer par ceux du parc de Partenord Habitat, mais aussi les logements privés en renforçant l’ambition du dispositif NEHS (Nord Equipement Habitat Solidarité) en l’inscrivant dans le programme SLIME (Service local d’intervention pour la maîtrise de l’énergie).
  • Agriculture (8% des émissions de GES du territoire):
    Le groupe écologiste appelle régulièrement le Département du Nord à se conformer aux objectifs prévus par la loi Egalim en terme d’approvisionnement des cantines en produits bio et locaux (50 % de produits de qualité et durables dont 20 % issus de l’agriculture biologique ou en conversion). Pour l’heure, la démarche « Ici, je mange local » reste largement insuffisante pour atteindre ces objectifs règlementaires.
    Nous soutenons également la mise en place du périmètre de protection des espaces agricoles et naturels péri-urbains (PEANP) de la MEL et appelons le Département à accompagner le déploiement de cet outil à l’échelle d’autres intercommunalités du Nord.
  • Aménagement du territoire :
    Le groupe écologiste défend depuis le début du mandat le recentrage des aides départementales aux villages et bourgs (ADVB) et projets territoriaux structurants (PTS) sur les projets participant à la transition écologique et à l’adaptation au changement climatique. Si nous avons salué à la mise en place d’un bonus Nord durable, force est de constater que celui-ci ne représentait que 4,4% du montant total des subventions accordées aux communes en 2025. En parallèle, nous proposons de renforcer le soutien en ingénierie aux communes pour monter leurs projets favorables à la transition.
    En terme d’adaptation au changement climatique, nous appelons également régulièrement le Service Départemental d’Incendies et de Secours (SDIS 59) à mettre en place une stratégie à long terme de résilience et d’adaptation au changement climatique qui doit permettre d’adapter la réponse capacitaire du SDIS et de développer une culture du risque mobilisant et formant tous les acteurs de la protection civile, à commencer par la population.
    Plus largement, le groupe écologiste appelle le Département du Nord à mettre en place un budget climatique, à stopper progressivement les investissements qui ne participent pas à la transition écologique, et à mobiliser autant que possible les moyens du Fonds vert et des fonds européens dédiés à la lutte contre le changement climatique.