2.3 – Feuille de route prévention et promotion de la Santé et candidature pour la gestion des centres de vaccination (ARS) –
Rapport n° DGAEFS-SG/2026/97
Vote POUR – Intervention de Stéphanie Bocquet
Monsieur le Président, cher.es collègues, mesdames, messieurs
Le groupe écologiste votera cette feuille de route.
Dans un contexte marqué par la désertification médicale, le recul des services publics de santé et les difficultés croissantes d’accès aux soins, il est essentiel que le Département réaffirme au quotidien son rôle actif en matière de santé publique.
Et comment ne pas avoir à l’esprit, en cet instant, les épisodes caniculaires que nous traversons depuis mai.
A chaque pic de chaleur, à chaque canicule, il y a un impact sur la santé de la population ; et je n’oublie pas le monde du vivant (dont nous faisons partie), également fortement et durablement impacté.
Concernant cette feuille de route, on ne peut que souscrire aux objectifs : lutter contre les inégalités sociales et territoriales de santé, améliorer l’accès aux soins des publics les plus vulnérables, renforcer la prévention, développer la vaccination, conforter la PMI et poursuivre les démarches d’« aller-vers ».
Parce que la santé ne peut être abandonnée aux seules logiques de marché, ni être réduite à une médecine exclusivement curative, la prévention constitue un investissement social et humain.
Prévenir, c’est éviter des souffrances et réduire à terme les dépenses de santé.
Nous saluons également plusieurs actions déjà engagées par le Département, notamment les consultations de prévention dédiées aux mineurs non accompagnés (et j’espère tous les Mineurs non accompagnés, je pense à celles et ceux en recours), ou encore la semaine de sensibilisation à la précarité menstruelle organisée, début juin, pour la 5ème année par la Maison Nord Solidarités de Lille Moulins.
Changeons les règles ! Cette initiative vise à sensibiliser différents publics aux enjeux de santé menstruelle, de vie affective et sexuelle, de consentement et de prévention. Ainsi, ce sont des collégiennes qui ont été accueillies ou encore des femmes en grande précarité.
Encore merci aux équipes de la MNS de Moulins pour cette initiative qui mériterait, mes cher.es collègues, d’être généralisée à l’ensemble des MNS de notre département.
Saluons enfin la volonté exprimée dans cette feuille de route d’installer un comité d’usagers de la PMI.
Pour autant, nous souhaitons formuler plusieurs réserves :
Cette feuille de route reste très largement centrée sur les comportements individuels : alimentation, activité physique, addictions ou vaccination.
Ces sujets sont évidemment essentiels, mais les déterminants sociaux et environnementaux de la santé sont quasi absents.
On parle bien de salutogénèse (cette approche qui se concentre sur les facteurs favorisant la santé et le bien-être) mais sans déclinaison aucune.
La santé dépend aussi des conditions de vie : la pauvreté, le mal-logement, la qualité de l’air, l’exposition aux pollutions, l’accès à une alimentation de qualité ou encore l’isolement social.
Comment élaborer une stratégie de santé publique à l’horizon 2030 sans faire de la santé environnementale un axe structurant ?
Nous pensons notamment à la prévention des cancers environnementaux.
Oui, nos cancers sont politiques.
Nous ne pourrons pas augmenter indéfiniment les dépenses de dépistage et de soins sans agir sur les causes des maladies.
Dans cette perspective, le Département pourrait expérimenter des dispositifs innovants relevant de la sécurité sociale de l’alimentation ou encore des « ordonnances vertes », déjà mises en œuvre dans d’autres collectivités telles que Strasbourg ou Villeneuve d’Ascq, permettant de prescrire une alimentation de qualité et des ateliers autour de l’alimentation pour les femmes enceintes les plus précaires.
Lors de l’examen du compte administratif 2025, nous avons constaté une baisse de 23,9 % des crédits consacrés aux services de prévention santé.
Dès lors, quels moyens humains supplémentaires seront mobilisés pour mettre en œuvre les ambitions affichées dans cette feuille de route ?
Pour conclure, nous partageons l’ambition générale de cette feuille de route.
Mais une politique moderne de santé publique doit intégrer pleinement les déterminants sociaux et environnementaux de la santé et s’appuyer sur des moyens humains suffisants.
Parce que la santé se construit bien avant l’hôpital, dans nos quartiers, nos logements, notre environnement, au travers de notre alimentation, via nos liens sociaux.
Sous ces réserves, le groupe écologiste votera favorablement cette délibération.
Je vous remercie.

