Mobiliers urbains publicitaires

3.3 – Avenant à la concession de service public pour la mise à disposition de mobiliers urbains publicitaires comprenant l’installation, l’entretien, l’exploitation commerciale ainsi que la mise en place de campagnes d’affichage institutionnel – Rapport n° DIRCOM/2026/220

Vote CONTRE – Intervention de Simon Jamelin

Monsieur le Président, 

Vous nous demandez de prolonger la durée d’une concession publicitaire entre le département du Nord et les opérateurs privés, et de la porter de 15 à 20 ans. On conviendra qu’à la vitesse où vont les choses, 20 ans, c’est long. C’est long  à l’heure des transitions écologiques et de la sobriété. 20 ans c’est long quand ni vous ni moi ne savons de quoi sera fait demain. 

Pour la bonne information de tout le monde, cette concession porte sur deux types de supports : 

Des panneaux publicitaires classiques, recto-verso, avec un arrangement entre le Nord et l’opérateur qui permet au département d’afficher sa communication officielle d’un côté et à l’opérateur d’afficher de la publicité marchande de l’autre. 

Les messages publicitaires diffusés sur ces supports sont parfois en contradiction avec les politiques publiques du Département. On ne peut pas, d’un côté, financer des campagnes de prévention, et de l’autre, laisser se déployer massivement des messages incitant à consommer toujours plus. Et surtout, ces messages s’imposent aux habitantes et aux habitants, sans qu’ils y aient consenti. 

On peut donc voir au bord des routes départementales des messages pour le bilan des 4 ans par la PMI accolé à une publicité pour des sucreries, un message pour la sécurité des routes départementales accolé à une publicité pour de la bière, un message de prévention canicule qui dirait prenez soin des personnes âgées dans votre entourage accolé à… rien, puisqu’il n’y a pas eu de message de prévention sur la canicule. 

Cette délibération concerne aussi 50 panneaux publicitaires digitaux, sauf que…à l’heure où on parle aucun des ces 50 panneaux n’a pu être installé. Cela signifie-t-il que l’ensemble des communes concernées ont refusé leur implantation sur leur territoire ? Si c’est le cas, entendons ce signal politique : si les collectivités locales expriment des réticences face à ces supports publicitaires cela doit nous interroger.

Nous réaffirmons aujourd’hui notre opposition ferme aux mobiliers digitaux : énergivores, plus intrusifs, et encore plus problématiques en matière de pression publicitaire, et nous sommes en soutien des maires ou des intercommunalités qui refusent leur implantation. Nous refusons la prolongation de cette concession et nous voterons évidemment contre cette délibération.