L’Observatoire énergie-climat Hauts-de-France vient de publier un outil d’aide à la décision intitulé « Département du Nord: les enjeux du changement climatique ». Il présente des éléments préoccupants sur la réalité du changement climatique dans notre territoire (principaux risques, hausse des températures déjà observée, secteurs les plus émetteurs) mais aussi les actions engagées par le Département du Nord. Des actions insuffisantes clairement pas à la hauteur des enjeux.
Ce document présente les principaux risques auxquels sont soumis le territoire du Nord face au changement climatique : inondations, mouvements de terrain, retrait gonflement des argiles.
Il rappelle que le Nord présente une certaine vulnérabilité aux différents aléas climatiques liée à ses caractéristiques sociales et de répartition de la population : une pauvreté très présente, un territoire densément peuplé, où le logement social représente 24% des résidences principales.
Ce document indique que le réchauffement climatique est déjà marqué dans le Nord, avec +2 à +2,7°C localement depuis les années 1960. Le Nord a émis 19,5 Mt CO₂ en 2022 (47 % des émissions régionales), avec 52% des émissions issues du secteur industiel, 23% des transports, 10% du secteur résidentiel et 8% de l’agriculture.
Si on peut noter une baisse globale des émissions de -36% depuis 2008, les émissions dans le secteur des transports est en hausse de 13%. En revanche, on note une amélioration notable dans le secteur du bâtiments (-44% depuis 2008, 73% des émissions étant liées au mode de chauffage).
On note enfin que les énergies renouvelables restent très minoritaires dans le mix énergétique, représentant seulement 6,5% de la consommation énergétique.
Ce document présente également les actions engagées par le Département du Nord face au changement climatique à travers sa stratégie Nord Durable. Une action qui reste très limitée en terme d’atténuation comme d’adaptation, et qui n’est clairement pas à la hauteur des enjeux.
Le document présente ainsi le bonus « Nord durable » des aides aux communes du Département récompensant les projets intégrant des critères environnementaux. Pourtant, ce bonus ne représentait que 4,4% du montant total des subventions accordées aux communes en 2025.
En matière d’adaptation au changement climatique ne sont cités que deux projets européens auxquels participent le Département : Climaax et Pathways 2 resilience, mais aussi EUTOPIA à l’échelle de la Flandre transfrontalière consacré à la biodiversité, à la renaturation et aux aménagements durables.
Enfin, ce document revient sur le bilan carbone du Département, indiquant la condition pour atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2040 du Département: diviser par deux les émissions actuelles. Pourtant, le groupe écologiste déplore chaque année que le Département s’éloigne toujours plus de cet objectif, avec +31,5% d’émissions brutes par rapport à cette trajectoire en 2025.
Le document indique d’ailleurs que pour atteindre la neutralité carbone en 2040 : « le Département devrait formaliser un plan de transition bas carbone qui structurera l’action autour de leviers majeurs : mobilités des agents, performance du parc immobilier, consommations énergétiques, commande publique responsable, numérique durable, gestion de la voirie et des infrastructures…
Ce cadre d’action renforcé permettrait au Département de réduire fortement son empreinte carbone, d’améliorer ses pratiques et de montrer l’exemple d’une transition ambitieuse, concrète et maîtrisée.”
Le groupe écologiste soutiendra activement la mise en place d’un plan de transition bas carbone ambitieux permettant d’atteindre la neutralité carbone dans 14 ans.
Photo: couverture – Observatoire énergie climat Hauts-de-France – Cerdd

