4.1 – Approbation du Plan Départemental d’Action pour le Logement et l’Hébergement des Personnes Défavorisées (PDALHPD) 2026/2030- Rapport n° DirAS/2026/87
Abstention – Intervention de Céline SCAVENNEC
Monsieur le Président,
Cher.es collègues,
Ce PDALPHPD 2026/2030, rebaptisé “PLAN”, reconnaît l’ampleur des difficultés sociales du territoire:
- plus de 115 000 demandes de logement social
- une diminution des attributions et une faible rotation du parc social
- un parc privé dégradé avec 8 % de logements potentiellement indignes (contre moins de 3 % nationalement).
Ce plan va dans le bon sens en permettant d’améliorer la gouvernance, de mieux coordonner les acteurs, d’optimiser les dispositifs existants, de renforcer la territorialisation. C’est un outil sérieux de coordination des politiques du logement social et de l’hébergement.
Mais une fois qu’on a dit ça…la vérité, c’est que ce plan reste en surface. Il reste prisonnier d’une logique gestionnaire, et ne remet pas en cause les causes structurelles du mal-logement.
Aujourd’hui, seulement 6 % du parc social financé concerne des logements PLAI, qui correspondent pourtant aux besoins de la majorité des demandeurs de logements sociaux.
Les réponses envisagées reposent sur la mobilisation du parc existant, l’intermédiation locative et les dispositifs d’accompagnement.
Tout cela est utile, mais insuffisant. On ne résoudra pas une crise structurelle avec des rustines. Où sont les investissements massifs dans le logement social très accessible ?
Où est la lutte contre la spéculation foncière ?
Mais au-delà de ces limites structurelles, certaines orientations sont profondément préoccupantes. Nous sommes particulièrement préoccupés par l’exclusion des ménages menacés d’expulsion dans le parc social des critères de publics prioritaires, car il y a énormément de situations de ménages expulsés du parc social qui ne trouvent aucune alternative de relogement.
Autre point d’alerte : les critères d’accès et de calcul, notamment dans le parc privé, restent trop restrictifs et déconnectés de la réalité des coûts. Les charges, les fluides, les frais invisibles pèsent lourdement sur les budgets des ménages… mais ils sont insuffisamment pris en compte.
Au fond, ce plan est révélateur d’un choix politique. Celui de gérer la crise… plutôt que de la résoudre. Celui d’optimiser les dispositifs… plutôt que de transformer le système. Pour l’ensemble de ces raisons, notre groupe s’abstiendra sur ce Plan Départemental d’Action pour le Logement et l’Hébergement des Personnes Défavorisées (PDALHPD) 2026/2030.
Je vous remercie.

