Portée par Stéphanie BOCQUET, pour le groupe écologiste
Monsieur le Président du Département,
Monsieur le Président du SDIS,
L’été 2026 aura été marqué par une succession d’événements climatiques sans précédent : vagues de chaleur à répétition, sécheresse historique et incendies majeurs ayant détruit plus de 119 000 hectares de végétation à l’échelle nationale, un record historique.
Ces catastrophes sont l’une des manifestations les plus visibles du dérèglement climatique. Elles interrogent directement notre capacité collective à protéger les populations et à faire face à des risques dont l’intensité et la fréquence augmentent chaque année.
Dans ce contexte, les sapeurs-pompiers sont en première ligne. Des “soldats du climat” comme les appellent désormais à juste titre la fédération nationale des sapeurs-pompiers, qui se mobilisent au niveau national depuis le 8 septembre dans le cadre d’une intersyndicale qui met en avant plusieurs revendications essentielles :
– le recrutement massif de sapeurs-pompiers professionnels,
– le financement pérenne et ambitieux des SDIS,
– des mesures concrètes pour protéger la santé des sapeurs-pompiers.
Ces préoccupations rejoignent certaines mesures défendues par le groupe écologiste et social à l’Assemblée nationale, dans le cadre de la proposition de loi portée par Sandra Regol visant à moderniser le modèle de sécurité civile en France et à augmenter les moyens des pompiers. Des préoccupations également portées dans un vœu de la délégation écologiste adopté en conseil régional des Hauts-de-France le 5 octobre dernier.
Dans le Nord, nous saluons le plan de recrutement de 150 sapeurs-pompiers professionnels sur trois ans, dont 50 recrutements déjà engagés et actuellement en formation pour une prise de fonction opérationnelle en 2027. Cet effort va dans le bon sens.
Cependant, il ne saurait masquer une réalité plus préoccupante : depuis 2013, hors affectation de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance, la contribution du Département au financement du SDIS diminue tandis que celle des communes et des intercommunalités augmente. Or les défis auxquels le SDIS est confronté ne cessent de croître.
De plus, un récent rapport de la Chambre régionale des Comptes sur la situation du SDIS, qui nous sera présenté lors du prochain conseil départemental, recommande notamment d’élaborer un plan pluriannuel d’investissement réellement “exhaustif, couvrant l’ensemble des opérations d’investissement”.
Dès janvier 2022, dans une motion relative à l’état d’urgence climatique, nous appelions à l’élaboration d’une stratégie départementale transversale d’adaptation au changement climatique et de résilience territoriale. À l’image de ce qui existe en Gironde, celle-ci pourrait notamment s’appuyer sur un plan départemental de sauvegarde visant à développer une véritable culture du risque, mieux former la population, renforcer la coordination des acteurs de la protection civile et réduire les vulnérabilités des territoires.
Elle devrait également permettre d’anticiper les conséquences opérationnelles du changement climatique et d’adapter en conséquence la réponse capacitaire du SDIS 59.
Dès lors,
Monsieur le Président du Département,
Monsieur le Président du SDIS 59,
Comment le Département du Nord et le SDIS 59 comptent-ils intégrer les conséquences du dérèglement climatique dans la planification des effectifs, des équipements et de l’organisation de notre service départemental d’incendie et de secours ?
Je vous remercie.

